Fatiga

Fatiga

Este proyecto trata sobre la fatiga que produce ser mujer en un mundo de hombres.

La fatiga no sólo de hoy, sino la que venimos arrastrando de un pasado dominado por los hombres, de su historia, de sus héroes, de sus científicos, artistas, letrados, abogados, médicos, deportistas, filósofos, escritores, militares, religiosos, reyes, ministros… los mismos que dictaron leyes (divinas o humanas), juicios (finales o actuales) y constituciones sobre cómo debían vivir las mujeres y sobre cuál era su lugar en la sociedad (privada o pública).

 

La fatiga que produce vivir entre los límites, visibles e invisibles, impuestos por aquellos en nuestra sociedad occidental contemporánea.

 

La fatiga que sufren en forma de castigo, latigazo, pena, prisión o muerte nuestras hermanas afganas, sirias, libanesas, iraquíes, mauritanas, kuwaitíes, omaníes, congolesas, , nepalíes, sudanesas, guatemaltecas, malienses, paquistaníes, saudíes, somalíes, yemeníes, guineanas, etíopes, nigerianas, mozambiqueñas, chadianas, indias, marroquíes, chinas, peruanas, mexicanas, colombianas, indonesias, bangladesíes, ceilandesas, egipcias, haitianas, colombianas, japonesas, jordanas, palestinas, turcas, argelinas, malayas, norcoreanas, surcoreanas, chilenas, burundesas, camerunesas, ruandesas, gabonesas, kenianas, tanzanas, ugandesas, eritreas, yibutianas, vietnamitas, zambianas, zimbabuenses, senegalesas, ghanesas, ecuatorianas, venezolanas, tunecinas, palestinas…

… y un largo etcétera.

La fatiga que se hereda con fatal normalidad, que se aprende por tradición, por miedo o por ambas a la vez, del mismo modo que ellos aprenden la conducta opresora. Una fatiga que ha formado parte de mujeres de familias enteras generación tras generación en forma de costumbres y de pensamiento aparentemente inherente. Una fatiga social y cultural, una fatiga normal, consentida y asentida por distintas sociedades y por distintas culturas, la misma fatiga, convertida en norma, tradición, costumbre y muestra de respeto hacia el opresor, ya sea padre, hermano, marido, juez, cura, rabino, imán…

¿Qué importa el nombre y de dónde venga si el origen y el resultado son el mismo?

**

Ce projet parle de la fatigue produite par le fait d’être femme dans un monde dominé par les hommes.

Ce monde que les hommes ont construit selon leur volonté, et dans lequel il y avait de la place uniquement pour ses héros, ses scientifiques, ses artistes, ses avocats, ses médecins, ses sportifs, ses philosophes, ses écrivains, ses militaires, ses religieux, ses rois, ses ministres… ceux-là même qui ont dicté les lois (divines ou humaines), les jugements (finaux ou actuels) et les règles qui régissent la vie des femmes et leur place dans la société occidentale contemporaine.

Mais le projet portera aussi sur la fatigue d’autres femmes souffrant sous forme de punitions, de coups du fouet, de prison ou de mort. Ces femmes sont nos soeurs afghanes, syriennes,  libanaises, iraquiennes, mauritaniennes, koweïtiennes, omanaises, congolaises, soudanaises, guatémaltèques, de Manille, pakistanaises, saoudiennes, somaliennes, yéménites, guinéennes, éthiopiennes, nigérianes, mozambicaines, tchadiennes, indiennes, marocaines, chinoises, péruviennes, mexicaines, colombiennes, indonésiennes, du Bangladesh,  de Ceylan, égyptiennes, haïtiennes, colombiennes, japonaises, jordaniennes, palestiniennes, turques, algériennes, malaises, nord-coréennes, sud-coréennes, chiliennes, burundaises, camerounaises, rwandaises, gabonaises, kényanes, tanzaniennes, ougandaises, érythréennes, vietnamiennes, zambiennes, zimbabwéennes, sénégalaises, ghanéennes, équatoriennes, vénézuéliennes, tunisiennes, palestiniennes…

… et un long etcetera…

La fatigue dont on hérite par une fatale normalité, qu’on apprend par tradition, par peur ou les deux à la fois, pendant que les hommes apprennent leur conduite oppressive. Une fatigue qui fait partie des femmes, de familles entières, génération après génération, sous forme d’habitudes et de pensées inhérentes, en apparence. Une fatigue sociale et culturelle, une fatigue normalisée et permise par différentes sociétés et par différentes cultures. La fatigue même qui devient norme, tradition et habitude, et modèle du respect  à l’oppresseur, qu’importe qu’il soit le frère, le mari, le juge, le curé, le rabbin, l’imam…

Qu’ importe son nom et d’où il vient si l’origine et le résultat sont les mêmes ?