Franco sous le pinceau

entrada6-1oct2014

Du 12 septembre au 10 octobre à la galerie de l’Ancien Courrier. Vernissage vendredi 12 à 18h.

«Je peins le passé pour parler du présent « À 33 ans et seulement dix ans de carrière derrière elle, Carmen Selma a déjà conquis pas mal de galeries à travers l’Europe ; en Espagne bien sûr, où sa réputation ne fait croître, mais aussi en Autriche ou Belgique.  «Elle était exposée récemment au salon Other Art Fair de Londres «, précise Claire Bornerand, responsable de la galerie de l’Ancien Courrier à Montpellier, qui soutient l’artiste espagnole en exposant pendant un mois une quinzaine d’oeuvres, peintures et dessins.

L’Espagne ? N’importe quoi ! Parfois de grands formats, de couleur vive, ses tableaux figurent tous un ou plusieurs personnages posant, le regard vide. «Je m’inspire des photos de vieux albums retrouvés chez moi, explique Carmen Selma à La Gazette. Des oncles, des tantes, ma grand-mère décédée aujourd’hui, qui ont tous vécu l’époque de la dictature de Franco.» Une époque que Carmen n’a pas connue «et qui n’intéresse pas la majorité des Espagnols de mon âge «

En pourtant, elle trouve dans ces visages et ces poses hiératiques, les racines de l’Espagne d’aujourd’hui. » La plupart des fêtes ou des habitudes des Espagnols d’aujourd’hui ont été codifiées sous Franco. De même, les moeurs dans les familles ou la place de la femme dans la société n’ont pas tellement évolué»

Carmen regrette par exemple l’abandon en Espagne du droit à l’avortement, ou celui des homosexuels. » L’Espagne d’aujourd’hui, ça devient n’importe quoi. On privatise la culture et l’éducation, les politiques ne font rien, mais le peuple ne manifeste pas !» Son arme à elle: l’ironie ; elle se moque du public de la corrida, en tant qu’avatar du régime de Franco, dans l’oeuvre Palco ciego (photo). » Mon rôle, dit elle, est de prévenir les gens d’aujourd’hui de ne pas reproduire les erreurs de hier»

Julien Darve

 

 

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